la mode des providentiels (des medias) a tourné...
des mois de com' pour rien, ça donne envie de se retirer de la vie politique, non? vraiment pas? c'est sûr, hein?
Bartleby
Je préfèrerais ne pas.
Qu'est-ce qu'un homme révolté? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce "non"?
L'Homme révolté. - Albert Camus
la mode des providentiels (des medias) a tourné...
des mois de com' pour rien, ça donne envie de se retirer de la vie politique, non? vraiment pas? c'est sûr, hein?
A mon sens, le fait majeur de la campagne référendaire de l'année passée, ce n'est peut-être pas tant ce qu'on a appelé le 'sursaut démocratique', du moins, moi je ne l'ai pas vécu comme ça. Non, le plus étonnant, c'était la possibilité d'un débat contradictoire permanent, dans lequel souvent, rien ne laissait prévoir la position de l'interlocuteur.
Pas de hiatus dans la société, la sission ouiistes/nonistes faisant irruption dans tout type de relation, amicale, familiale, amoureuse même! Bref chacun s'est saisi de la question, et ce d'une manière qui transcendait les facteurs habituels de regroupement.
Sondant nos divergences les plus cachées,les plus profondes peut-être, nous prenions tout à coup conscience du socle qui fonde nos convictions les plus intimes, les plus inaliénables, d'un côté comme de l'autre.
Un an après, que reste-t-il de cette prise de conscience? Un paradoxe. Si la question fermée du TCE a permis l'éclosion de toute une gamme d'interrogations, de débuts de réponse aussi, la perspective électorale de 2007, ouverte et pluraliste en principe, confine inéluctablement au deuxième tour, le oui ou non au nicolas, taper 1, 2 ou raccrochez.
Les réflexes reviennent au galop...
Le sarkozy présente cette vertu majeure de moraliser le monde du spectacle qui renoue d'une manière détestable avec le prêche entre deux coupes de champagne. Ils se désolent de vivre dans un pays intolérant les pauvres, eux qui ne sont pas plus proche de la réalité sociale que les creusois des émeutes de banlieue, sauf que ces derniers n'ont droit de cité que chez Pernaud.
Je me rappelle très bien de ce que je ressentais quand la Comédie Française m'expliquait en mai 2005 que j'étais raciste et indigne, et ce parce que j'avais décidé de voter non au carcan économique, politicide, et ce non pas chez Ardisson, non, mais en plein débat soi-disant politique.
Je peine à mesurer ce que provoque aujourd'hui ce discours tout sauf politique mais bien plutot moralisateur, gifle toujours plus cinglante et insultante. Si aujourd'hui nous voulons reprendre le flambeau de l'antifascisme, il faudra très vite se défaire du mécanisme de l'humiliation, arme de ce que nous-même dénonçons.
L'ennemi n'est pas neuf et ne se réduit pas à la personne du petit nicolas. L'ennemi, c'est l'exaltation non pas de la souffrance, soeur de l'espoir, mais de la frustration, soeur de la violence, à des fins de division. Son arme, l'entretien de conflits chimériques, défouloirs, catalyseurs qui non seulement ne déboucheront jamais sur la moindre révolution sociale, mais noieront en outre toute idée de ce qu'est la revendication juste.
Les bénéficiaires? Allons c'est enfantin, toujours les mêmes, il y a 50 ans, on les appelait grandes entreprises, cartels et autres konzerne (je ne fais référence à rien de précis), maintenant c'est la haute finance, l'OMC, et autres conglomérats au service du bien être de tous. Bref, alliance usée et néanmoins efficace du populisme et de l'ultra-libéralisme, dont la réussite pragmatique nous laisse nous, êtres humains des quatre coins du monde, toujours plus rêveurs.
Alors toujours les mêmes chimères, à l'instar des marronniers du JT de 13h.
J'ouvre les guillemets et j'articule : le débat sur l'immigration est une fiction politique, la plus payante de surcroît. Ce qui ne revient pas à nier toute corrélation entre misère sociale, tension physique, psychologique et immigration, mais plutôt en chercher les vraies causes (politiques de subention avortées, désertification, et injustice flagrante des méthodes policières, d'inspiration proverbiale - le bon pâtit pour le mauvais, une certaine idée de la prévention). Evidemment,à force de les dire sans se faire entendre, nos revendications tournent au lieu commun. Reste pourtant un constat, la politique de discrimination positive, ou de minorité visible et j'en passe, c'est bien gentil, mais la priorité se serait d'ouvrir les yeux sur certains contrastes.
Originaire de Paris centre, j'ai eu personnellement le choix entre 5 lycées, tous à cinq minutes à pieds de chez moi. Ensuite, quand il a fallu préparer mon entrée dans le supérieur, j'ai pu faire mon choix parmi trois hypokhâgnes, toutes à moins de vingt minutes en métro. Et ce n'est pas un luxe, mais la réelle garantie pour s'épanouir, selon ses envies, selon ce que propose tous ces établissements.
La chute sera courte : Bagnolet, ville que j'oberve maintenant depuis ma station périphérique à loyer modéré, qui compte plus de 30 000 hbts, dispose... d'un lycée (professionnel, bientôt général).
Voilà, la République c'est un joli concept, le problème c'est qu'il faut de temps en temps l'entretenir par les faits, et ce au niveau national.
Ce que propose nicolas, et ça c'est la seconde partie du raisonnement. Réponse : rien. Ah si, l'esthétique du mérite... ben oui, payer des impôts pour des petits cons qui brûlent des gymnases, ou des rmistes fraudeurs, ce n'est pas juste. Que chacun fasse du mieux qu'il peut et que les fruits du labeurs retombent sur ceux qui le méritent vraiment. Dieu, pardon, nicolas reconnaîtra les siens.
Comment?
J'ai consulté quelque ouvrages d'économie, j'avoue ne pas avoir encore trouvé la réponse.
Enfin, je suis sûrement en train de caricaturer...
Le mérite, ça on peut pas lui retirer à nico, brave petit immigré qui a fait seul son trou du haut de ses deux toutes petites particules. Un futur président de la France et surtout un numéro deux du medef (Remus et Romulus), faudra que je demande à la louve quelle sorte de dope elle met dans son lait, parce que c'est franchement une réussite!
Mais ma petite dame, c'est vrai qu'on a eu bien du malheur, mais heureusement la solidarité existe pour les ptits jeunes qui n'en veulent. Ca s'appelle une classe sociale, c'est aux antipodes de l'idéal républicain, mais ça marche ! Enfin, évidemment ça fonctionne mieux dans certaines classes que d'autres, et surtout à des échelles différentes.
L'esthétique du mérite à la nico, c'est de mériter sa naissance, et ça je sais pas à quel moment ça se joue, mais ça va dans le sens du fichage des foetus. Comme quoi, il y a une certaine cohérence.
Et en même temps ça ressemble à un début de clivage idéologique, et ça nous manquait à nous les postmodernes. Qu'est-ce que ce discours sécuritaire, cette esthétique du mérité, cette "discrétion" sur les ressorts économique cherche à anéantir? L'idée du politique. C'est donc ce que nous devons, à mon sens, investir et défendre avec coeur et passion. La peur, l'instinct mortifère de préservation, l'appât du gain, la relation ambivalente à la liberté, tantôt désirée, tantôt repoussée, le rejet de l'autre sont peut-être certes inscrits dans l'homme. Or, il ne s'agit ni de se leurrer, ni de chercher à changer l'homme.
Et moi j'aurais quand même envie d'objecter avec le père inculte d'Albert Camus : "Un homme, c'est pas ça, un homme, ça s'empêche." (Le Premier Homme)
Et puis l'homme change l'homme tant qu'il ne change pas d'idée, ça s'est déjà vu. Alors quoi?
"On ne change pas le monde en changeant les hommes (..) pas plus qu'on ne change une organisation ou une association parce que l'on commence à influencer de telle ou telle façon ses associés. Si l'on veut modifier une institution, une organisation, n'importe quelle association existante dans le monde, on ne peut que renouveler sa constitution, ses lois, ses statuts, en espérant que tout le reste suivra de lui-même. Et s'il en est ainsi, c'est du fait que partout où des hommes se rassemblent, que ce soit dans la sphère privée ou sociale ou publico-politique, un espace se crée qui les rassemble et simultanément les sépare. (...) Partout où des hommes se rassemblent, un monde s'intercale entre eux, et c'est dans cet espace intermédiaire que se jouent toutes les affaires humaines."
Hannah Arendt. - Qu'est-ce que la politique?. - Paris : Seuil, 1995. - p. 58-59 (1950)
Seulement ne pas s'arrêter là. Bouleverser la hierarchie qui nous gouverne, la refonder selon la seule légitimité acceptable, celle des hommes, selon la seule des justices, celle qui ne sacrifie pas l'enfant de Dostoïevski, à force d'estime de soi, déjouer l'humiliation qui nous gâte à mesure que notre espérance de vie s'accroît.
Mondialiser la justice, exporter le modèle démocratique par l'exemple de son bon fonctionnement, et non par la sanction économique,
la liberté par le fait!
Angoisse ce matin, au réveil, un énième sondage me prédit le face à face inéluctable,Sarkozy-Royal.
Je ne me reconnais absolument pas dans cet axe, ça à priori je m'en accommode, ça doit venir de l'esprit de non-contraffirmation qui fait de moi un être bartlebique. Mais le fait plus inquiétant à mon sens vient d'autre chose... Force est de constater que de ma vie, je n'ai rencontré ni sarkoziste ni ségoléniste affirmé, alors deux solutions se présentent : soit les sondages, c'est de la grosse daube qui pue, vecteur de fléchissment pervers de l'opinion, mais ça je n'oserais l'affirmer, soit, plus grave pour ma petite personne, je ne vis pas en France, ni d'en haut, ni d'en bas, ni du miyeux.
D'ailleurs je n'existe pas, je suis juste un râté de la matrice, et mes cartes d'électeurs et d'adhérent P.S. ainsi que mon abonnement piscine sont des illusions mises en place à des fins plus que douteuses.
Le malin génie, vous me direz... peut-être, et ce qui est sûr c'est qu'à la différence du bon Descartes, la certitude que 2 et 2 font 4 ne m'est d'aucun secours. Je ne compte pas donc je ne suis pas.
Mon portable ne capte jamais, les portes automatiques du métro ne s'ouvrent jamais sur mon passage (c'est très vexant à la longue), je ne me fait jamais contrôler par la police, qui j'en suis sûr gagnerait à s'assurer de mon identité (en tout cas moi ça me rassurerait)
Qui sait, peut-être même que je ne suis fiché nulle part (même pas dans les listings de clearstream, et dieu sait si j'en ai des comptes cachés, et bien cachés même, bah oui sinon ils me sucrent mon hlm) (un individu normalement constitué l'est environ de nos jours 500 fois), je ne me fait jamais flasher, les vidéos de moi devant la tirette
en bas de chez moi ne circulent pas sur internet.
Même la racaille qui traîne en face de chez moi, elle ne daigne pas m'agresser un peu, histoire que je partage un moment d'humanité avec la P.J. de mon arrondissement, nan même ça en 3 ans de vie périphérique, ça ne m'est jamais arrivé. Un jour j'y ai bien cru, je me suis dit que mon quart d'heure de victime était arrivé, mais non, décidément je ne passerais jamais sur TF1, juste avant les Feux de l'amour, consécration pour la télémaniaque que je suis.

Alors voilà, je profite de cet espace qui m'est dû dans la blogosphère pour lancer un appel : âme en peine cherche sarkoziste désespérément pour discuter du temps qui se détraque et des charges qui sont toujours trop chères j'en profiterai pour lui demander ce qu'il pense de l'idéal communautariste de nicholas (cage) et de la suppression de l'impôt des grandes fortunes.
oh oui on parlerait de notre aspiration au paradis (fiscal) terrestre, neuilly-sur-seine, et pis on irait tous les 2 à la piscine de neuilly, parce qu'elle est très belle et qu'il y a un tobogan (contrairement à celle de bagnolet où il y a juste un poster de laure manaudou)
Ce serait bien...
Et pis je voudrais aussi une copine ségoléniste, oh oui, avec qui je pourrais faire des pyjamas party sur le thème de flamby il sait pas rouler des palots, et on dirait que les garçons c'est tous des cons qui font que reluquer les nichons de roseline bachelot, et même pas les nôtres, sous prétexte qu'on n'en a pas
quels cons les garçons, quels gros machos qui puent,quand on sera grandes on leur transplantera des nichons juste pour pas les mater, ouais
et puis on fera mettre en prison tous les profs d'EPS, ces gros connards qui nous obligent à aller à la piscine même quand on a nos règles, surtout quand on a nos règle, ça les excite, ces pervers de nous montrer comment on met un tampon. Ah ouais, bah ils iront l'expliquer à leur compagnon de cellule, une fois qu'on les aura mis en prison et que nous on sera dispensées de sport pour toute la vie !!
Ce serait bien...
voilà, ceci est un coup de gueule, j'en ai marre de ma famille, de mes amis, de mes collègues, de mes camarades anti-sarkos, je ne veux plus être en marge de ma société, bordel, je veux être en phase avec mes contemporains, je veux m'adapter à la mondialisation, je veux me lover dans le discours sécuritaire, je veux écouter Bénabar et voter oui au TCE, bref je veux trouver un sens à ma vie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
* La lutte contre l’immigration irrégulière doit constituer le deuxième axe majeur de votre action.
Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d’étrangers en situation irrégulière* cette année. Je constate qu’à la fin du mois d’août, 12 849 étrangers avaient fait l’objet d’une mesure effective d’éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l’effort. J’observe d’ailleurs que, d’une préfecture à l’autre, les résultats sont inégaux.
Or, j’attends de tous une entière mobilisation. Et j’invite les préfets dont les résultats sont inférieurs à la moyenne à se rapprocher du Centre national de l’animation et des ressources (CNAR) pour bénéficier d’un appui opérationnel. Le CNAR d’ailleurs ne sera plus seulement un organisme d’appui aux préfets. Il va devenir un centre d’impulsion, d’animation. Il sera mon relais pour orienter vos objectifs.
Plus encore qu’une obligation de moyens, c’est une obligation de résultats qui vous est fixée. Votre implication personnelle, aux côtés des agents des bureaux des étrangers, des policiers et des gendarmes, est une nécessité. Il est de votre responsabilité de mobiliser vos collaborateurs.
Le décret portant création de la police de l’immigration est en cours de finalisation. Il permettra de mieux coordonner l’action des forces de sécurité et de vous apporter une aide supplémentaire. A partir de 2006, de nouveaux outils statistiques vous garantiront un suivi plus précis des mesures d’éloignement.
Il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manœuvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l’entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu’eux-mêmes.
Il vous appartient également de combattre certaines idées reçues. Je rappelle, en particulier, que les ressortissants roumains ou bulgares en situation irrégulière ne bénéficient d’aucune protection juridique particulière contre l’éloignement : le fait que la Roumanie et la Bulgarie soient candidates à l’adhésion à l’Union européenne n’y change rien. Je rappelle, de même, que la Cour européenne des droits de l’homme n’a jamais reconnu un quelconque droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble ! La jurisprudence est plus nuancée et en cas de contentieux devant le juge administratif ou le juge des libertés et de la détention, vous devez pouvoir défendre efficacement des dossiers bien préparés, si nécessaire en recourant au service d’avocats.
Les mesures décidées lors du comité interministériel de contrôle de l’immigration, que j’ai présidé le 27 juillet, vont renforcer notre capacité à atteindre nos objectifs.
Je ne sous-estime pas, en particulier, vos préoccupations concernant l’accueil des demandeurs d’asile. Aussi, j’ai décidé que le dispositif d’accueil serait piloté par les préfets de région, qui pourront proposer à tout demandeur un hébergement dans un département autre que celui où il aura déposé sa demande. Il importe de savoir où résident les demandeurs d’asile et le versement des allocations dépendra du respect du lieu de vie désigné. De nouveaux instruments de gestion des centres seront mis à votre disposition et 2 000 places nouvelles seront créées l’an prochain. Le régime de l’allocation d’insertion sera aussi modifié, par la loi, pour vous permettre de refuser son bénéfice aux demandeurs qui auront décliné votre proposition d’hébergement. J’ajoute que, évidemment, les déboutés du droit d’asile n’ont aucun droit à être hébergés dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile... Leur vocation est de quitter le territoire.
A cet égard, je sais que l’efficacité accrue de l’OFPRA et de la Commission des recours a pour effet d’augmenter le nombre des déboutés du droit d’asile et de leurs familles, qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers dans les mois à venir. Là encore, je ne peux que vous inviter à la stricte application de la loi : les déboutés n’ont pas droit au séjour, sauf exception. Les régularisations en dehors des conditions d’attribution de titres de séjour prévues par la loi ne sont possibles qu’à titre exceptionnel, au cas par cas, lorsque des préoccupations humanitaires toutes particulières y invitent et qu’il paraît totalement impossible de réussir, dans des conditions humaines, un éloignement effectif. J’ajoute que la réforme de l’aide au retour volontaire, qui sera mise en oeuvre dès cette année dans 21 départements, est notamment destinée à faciliter le retour de familles déboutées du droit d’asile.
Pour faciliter les éloignements, j’ai également décidé d’accélérer encore le programme de rétention administrative. Dans les prochains mois, des places de rétention supplémentaires seront ouvertes à Plaisir, Palaiseau, Nanterre, Rouen-Oissel, Marseille, Toulouse, Paris-Vincennes, Metz, Rennes, Lille, Coquelles, Garchy. Le nombre total de places, qui était de moins de 1000 en juin 2002, atteindra 1800 en juin 2006. Des crédits importants sont affectés à cet effort.
* c'est moi qui souligne
Le terme "éloignement" me laisse songeuse... il existerait une contrée où il est possible d'échapper à la verve gerbante de n. s. (non sens)?
J'admire également la thématisation de "l'effort" comme acte excrémentiel. N.s. pourrait-il se l'appliquer à lui-même? La dynamique 'rétention' 'expulsion', est cela dit un passage obligé de la petite enfance, laissons faire la nature, en espérant que la malheureuse et persistante identification projective de notre bien aimé ministre à l'anus de la République passera avec le tout symbolique meurtre du père.
Michel Foucault. - Paris : Gallimard, 1975. - (tel). - 360 p.
La dénonciation des travers du système carcéral appartient au discours auto-critique que le pouvoir et la société s'adressent à intervalle régulier, accordant champ sémantique du développement, de l'amélioration, sur la note humaniste de ce qu'une société moderne ne peut tolérer en son sein, la barbarie en guise d'application de la justice.
Discours qui part du principe que les prisons constituent la honte du corps social, l'appendice boiteux d'un système qui se veut juste. Et si au contraire la prison était de tout temps à la pointe d'une société qui se construit selon un certain rapport de force? Foucault précisément se propose de retourner le discours sur le carcéral afin de retracer la généalogie d'une certaine "orthopédie sociale", et ce en s'attachant au traitement particulier des corps, du châtiment à la réadaptation.
A nous tout d'abord de nous interroger véritablement sur la légitimité de la pratique carcérale, et ce à son fondement et non dans ses rouages. En quoi priver un individu de sa liberté, assujettir un corps et aliéner un esprit, participe d'une certaine idée de la justice? C'est la question que ne se pose pas l'âge médiéval. Il pratique en effet bien plutôt le "supplice", que Foucault décrypte comme un 'art quantitatif de la souffrance' s'inscrivant dans un rituel, une 'liturgie punitive'. Politique de l'effroi, il s'agit clairement de marquer le corps du supplicié et d'y faire éclater la part commune du crime et du châtiment, "l'atrocité".
L'illégalisme évolue durant l'ère moderne et témoigne non plus tellement d'une criminalité de masse (bandes de malfaiteurs, etc.) que d'une criminalité de marge. D'où la nécessité d'une 'nouvelle économie du pouvoir' susceptible de s'insérer dans les mailles les plus fines du corps social. D'autre part, l'Histoire faisant largement son chemin, le 18è siècle voit le rapport politique évoluer, et notamment le droit de punir n'échoit plus exclusivement (symboliquement et dans les faits) au souverain. On passe de la thématique de la vengeance du corps du roi (cible de tout crime) à celle, préventive, de la défense de la société. L'illégalisme du pouvoir du prince est révélé. La prison va alors s'imposer comme 'peine-signe' (à la différence du supplice, peine-effet), technique coercitive qui se dédouane de l'illégalisme de la punition en mettant en avant une finalité d'assujettissement et de 'dressage'.
Foucault accorde un chapitre au mécanisme particulier de la 'discipline', devenu au cours des 17 et 18è siècle instrument général de la domination. Le pouvoir disciplinaire répartit les corps dans l'espace, quadrille le temps en vertu de son 'utilité'. Connaître, maîtriser, utiliser, sont les maîtres-mot de ce système qui nécessite ainsi en permanence un regard, regard normalisateur, qui qualifie, classe, punit. Le pouvoir désormais produit du réel, à travers la mise en écriture généralisée qu'est la procédure.
L'instrument coercitif par excellence est bien sûr le panopticon de Bentham, bâtiment en anneaux avec en son centre une tour, poste d'observation intégrale. Au sein du bâtiment, une multitude de petites cages, 'théâtre où chaque acteur est seul, parfaitement individualisé et constamment visible" (je cite Foucault qui qualifie également le panopticon de 'machine à dissocier le couple voir-être vu'). Au passage, je trouve qu'une lecture du Dépeupleur de Beckett à la lumière du panoticon n'est pas inintéressante - elle n'est bien entendue pas exhaustive, l'exhaustivité n'étant pas de ce monde, hélas.
(Le panoptisme est d'autre part le système coercitif le plus économique, puisque sans fonctionner forcément dans les faits, en permanence, il induit en permanence un comportement normalisé, mais je ne m'étends pas là-dessus, ce sont des évidences désormais pour la génération du loft que nous sommes.)
Le système disciplinaire ne se cantonne pas au carcéral, mais participe bien plutôt de la construction d'une 'société disciplinaire' à partir des appareils fermés, prisons, écoles, hôpitaux, points d'appui d'une surveillance de la population extérieure. La discipline s'épanouit en même temps que s'assoit la domination de la classe bourgeoise hierarchisante, individualisante, normalisatrice.
Mais revenons à la prison et à la nature du châtiment moderne. Prélever le temps du condamné, peine civilisée qui monnaie la dette du condamné qui par son crime aurait lésé la société entière. Le but de la prison n'est certes pas de punir, il est de réadapter et de rééduquer. Il mobilise désormais autant de juges que de psychiâtres, son discours est maternisant (ah ah voir Zemmour), et pourtant, et pourtant, toute cette bonne volonté n'aboutit qu'à un misérable échec. On arrive à l'argument proue de Foucault : à quoi sert l'échec de la prison? Sa réponse : au maintien de la délinquance, à l'induction de la récidive. Il s'agit de transformer l'infracteur d'occasion en délinquant d'habitude. La délinquance est en effet un illégalisme maîtrisé et le délinquant un petit fonctionnaire de la distinction, distribution, utilisation des infractions et des infracteurs. Elle assure la pérennité des agents occultes du pouvoir, police clandestine et autre armée de réserve et autorise, légitimise même, un quadrillage généralisé de la population et une surveillance permanente.
Je termine sur les paroles de Michel, prophétiques et déjà exaucées :
A cela s'ajoutait une longue entreprise pour imposer à la perception qu'on avait des délinquants une grille bien déterminée : les présenter comme tout proches, partout présents et partout redoutables. C'est la fonction du fait divers qui envahit une partie de la presse et qui commence à avoir ses journaux propres. Le fait divers, par sa redondance quotidienne, rend acceptable l'ensemble des contrôles judiciaires et policiers qui quadrillent la société; il raconte au jour le jour une sorte de bataille intérieure contre l'ennemi sans visage; dans cette guerre, il constitue le bulletin quotidien d'alarme ou de victoire. (p. 334-335)
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