je lis et j'écris

la rature

Qu'est-ce qu'un homme révolté? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce "non"? 

L'Homme révolté. - Albert Camus

blop

Lundi 8 janvier 2007
ça y est, c'est décidé, je craque et je dis ouiiiiiiizzz !! sa franchise, son esprit de finesse, son ouverture d'esprit, son côté rebelle, je faisais de mon mieux pour ne pas succomber, mais ce matin je découvre qu'elle est poète... mon coeur chavire d'émoi : "C'est une densité de la pensée qui se traduit dans un mot au moment où il est prononcé" On dirait du Saint-John Perse, c'est magnifique. Je dis oui à la BRAVITUDE !! (c'est les voyages, ça, ça fait des réactions bizarres, de la tourista à la néologite aigüe, enfin c'est ce qu'on nous apprend à l'agreg quand chacha s'extasie devant un bout de pierre et qu'il se met à beugler tout seul au milieu des ruines antiques, snif, c'est beau, alors la ségo, je comprends qu'elle s'oublie un peu devant la grande muraille, et puis tant qu'elle s'étouffe pas avec un bretzel, elle fera très bien l'affaire) D'un autre côté, question figure de style, le nico, il est pas mal non plus... la rupture tranquille, ahhh, il va falloir les départager à la dictée, je pense, bon cru l'année 2007!
par hud publié dans : bartleby
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Samedi 30 décembre 2006
(à propros de Brasillach) J'ai toujours eu horreur de la condamnation à mort et j'ai jugé qu'en tant qu'individu du moins je ne pouvais y participer, même par abstention. C'est tout. Et c'est un scrupule dont je suppose qu'il ferait bien rire les amis de Brasillach. Ce n'est pas pour lui que que je joins ma signature aux vôtres. Ce n'est pas pour l'écrivain, que je méprise de toutes mes forces. Si j'avais même été tenté de m'y intéresser, le souvenir de deux ou trois amis mutilés ou abattus par les amis de Brasillach pendant que son journal les encourageait, m'en empêcherait. Vous dites qu'il entre du hasard dans les opinions politiques et je n'en sais rien. Mais je sais qu'il n'y a pas de hasard à choisir ce qui vous déshonore et ce n'est pas par hasard que ma signature va se trouver parmi les vôtres tandis que celle de Brasillach n'a jamais joué en faveur de Politzer ou Jacques Decour.
par hud publié dans : bartleby
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Jeudi 21 septembre 2006

Une fois n'est pas coutume, le bon gouvernement du peuple s'intéresse de plus près aux bonnes moeurs de ses citoyens.

La cible du jour : ces étudiants thèsards qui hantent d'année en année les facultés et les bibliothèques, propageant toujours en plus grand nombre ce climat velléitaire dont ils ont le secret. Encore un trouble intolérable à l'ordre juste.

La raison : trop de doctorants polluent la société de leur activité d'insecte nuisible. Mais le ministre Fillon est là, bon lieutenant de l'Empereur Sark 1er, pour veiller sur ces âmes perdues, bulle inféconde d'érudition nauséabonde qui ne pourra se purger dans un nombre toujours plus restreint de postes (enseignement, université). C'est pour leur bien !, répond le ministre, constatant la dégradation d'une jeunesse inadaptée aux besoins de la société et préconise un nombre limité de doctorants.

Question : est-ce une mesure financière (étant  habitué à 4 ans de politique de droite, on pourrait comprendre la logique)?

Réponse, vu le nombre d'allocation de thèse attribuées, notamment en littérature et en sciences humaines (3 dans mon secteur cette année), on aura du mal à tenir l'argument des économies...

Alors? Mais c'est qu'on dirait qu'on a affaire à une mesure idéologique, si si, ça existe encore !! Petit rappel : dans l'un de ses derniers discours (lequel, y en a trop!), Notre Seigneurs aux voies de plus en plus pénétrables déploraient un nombre toujours plus imposant de jeunes se réfugiant dans des études toujours plus longues pour échapper au monde du travail (c'est beau nico cette idée des études comme maquis, tu m'en feras un poème)...

Résumé : ça suffit, y a trop de gens qui font des études ! (et qui pendant ce temps ne consomment pas!) Alors ok, soit, pourquoi pas, les études nuient gravement à la santé, et réfléchir tue (ça on a bien compris) alors prenons des mesures et fixons des critères, c'est là que je me marre franchement, tellement c'est énorme...

critère de mérite (il aime bien ce mot nico)? concours? eh non

critère pécunier, eh oui ! L'étudiant souhaitant s'inscrire en thèse devra justifier des 'revenus' susceptibles de lui assurer une autonomie financière durant la totalité de la durée de sa thèse (le CNE c 2 ans, la thèse c au moins 3 ans, flûte, les choses se goupillent mal, c'est vraiment pas de chance!).

D'autre part, le ministère a appuyé cette année une réforme du contrat de thèse, chaque année devant être validée par des enseignements toujours plus nombreux (assiduité comparable au master 2.

Le temps partiel peut-il assurer une autonomie financière? Et les bourses?

Bah oui, une élite d'accord, mais une élite choisie, pas subie! Car les pauvres, outre le fait qu'ils sont génétiquement amenés à devenir délinquants tôt ou tard, ont du mal à réfléchir le ventre vide (et en plus ils ont tendance à mal penser). La solution? N'octroyer le droit de penser qu'aux riches, imparable !

Et pour la reconnaissance d'un statut professionnel au doctorat, manière qui permettrait d'insérer le doctorant, sinon dans la société, du moins dans le salariat, on repassera !

par hud publié dans : bartleby
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Mercredi 13 septembre 2006

Je voudrais dédier cette note à l'être humain le plus humain du monde et de tous les temps, mon cher et tendre Jean-Jacques Rousseau, auteur d'une oeuvre richissime, à mon goût.

"Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature; et cet homme ce sera moi." (Les Confessions)

 

Mon cher J-J qui m'a donnée pour toute ma vie le goût de l'autobiographie, exercice littéraire des plus cruels (pour l'auteur, parfois pour le lecteur) mais aussi des plus voluptueux...

J-J, c'est vous, c'est moi, c'est l'auteur de L'Emile, c'est le père qui a abandonné ses enfants.

J-J, c'est celui qui, tout jeune homme, laisse accuser de vol une pauvre servante, alors qu'il est coupable. C'est aussi celui qui s'en repend toute sa vie.

J-J, c'est un trésor intérieur, et une coquille vide, un bêtat, un individu lent et laborieux pour ses contemporains. Un génie ignoré, fils renié de son siècle, père à venir.

J-J, c'est enfin un grand sensuel quand enfant il goûte le plaisir du châtiment corporel ancestral, infligé par la sévère Mlle Lambercier :

"Comme Mlle Lambercier avait pour nous l'affection d'une mère, elle en avait aussi l'autorité, et la portait quelquefois jusqu'à nous infliger la punitions des enfants quand nous l'avions méritée (...)

mais après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été, et ce qu'il y a de plus bizarre est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé." (Ibid.)

L'enfant délaissé, privé de l'affection d'une mère dont la mort concorda avec sa naissance, trouve en l'humiliation autoritaire le vestige d'une tendresse, d'une attention maternelle et le fixe à jamais comme source unique de plaisir physique.

Mais ne vous y trompez pas, J-J est un homme libre, citoyen de Genève, ne cesse-t-il de clamer, la fesse endolorie.

par hud publié dans : mes lectures
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Lundi 4 septembre 2006
voici le lien d'un article paru sur le blog de Guy Birenbaum : http://birenbaum.blog.20minutes.fr/ l'occasion de comprendre pourquoi alliances de circonstance et foi en la sincérité (d'un homme, d'une femme) n'engagent que ceux qui refusent de voir les réels rouages du pouvoir en Europe, dans le monde, càd réseaux économiques et médiatiques (qui à croire ces derniers l'emporteront de toutes façons en 2007). Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait rien derrière la logique du profit. Il y a bel et bien une idéologie en marche, consumérisme teinté d'évangélisme abrutissant (Notre Seigneur, donnez-nous la force, prêchait hier l'autre N.S., tandis qu'Arnaud Montebourg, tout nouveau porte-parole de S.R. peinait dans une approche constitutionnelle de l'ordre juste...) Ce n'est certainement pas la dinde qui acceptera de se faire farcir à noël, mais bien-sûr on peut toujours croire au gars déguisé en coca qui ramone la cheminée...
par hud publié dans : bartleby
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