je lis et j'écris

la rature

Qu'est-ce qu'un homme révolté? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce "non"? 

L'Homme révolté. - Albert Camus

blop

Jeudi 12 avril 2007

interview de José Bové par Karl Zéro, ça balance pas mal sur la 29è min

http://leweb2zero.tv/video/karl_9945f561ad0dd57

excellent le conseil donné à Bayrou sur la réduction du temps de travail : du temps en plus pour se consacrer aux bonnes oeuvres !!!

Par hud - Publié dans : bartleby
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Mercredi 11 avril 2007

Réactions politiques suite aux primes de départ et de non concurrence de Noël Forgeard (6 millions d'euros + 2,4 millions d'euros = 8,4 millions d'euros si les mathématiques ont encore un sens)

Royal évoque un mystérieux "rapport de force presque moral" qui devrait/devait/existait (je sais pas j'ai rien compris) entre airbus et les régions (?).

François Bayrou promet "une loi de moralisation économique".

Alors question : "moral" c'est le nouveau mot à la mode pour mettre en avant l'air de rien la bonne éducation catholique (ça fait très très bien sur le cv présidentiel en ce moment) ou alors c'est la nouvelle expression pour dire qu'en substance on ne fera rien du tout parce que de toutes façons on ne se donnera pas les moyens de le faire, mais qu'on est très choqué au demeurant, ou les 2?

Réponse : leur morale, qu'ils se la foutent la où je pense, ce discours me donnerait presque envie de soutenir le cynisme de ces golden parachutes, cynisme qui sera toujours moins choquant que leur cynisme à eux, inavoué mais dégoulinant.

heureusement, reste le mot de justice.

Révérence au pragmatisme du rien faire, l'histoire ne vous retiendra pas.

Par hud - Publié dans : bartleby
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Mardi 10 avril 2007

Suite à un tremblement de terre d'amplitude 9, soit l'équivalent d'un gars qui prend un métro sans payer de ticket, la France est sous le choc. L'approche des élections fait craindre une instabilité politique sans précédent. Aussi, Jacques Chirac a décidé de dissoudre la démocratie. Après avoir pris conseil auprès de Dom, premier ministre éclairé, il a décidé de confier l'élection au citoyen le plus expert d'entre tous en "qu'est-ce qu'est bien pour que l'avenir y soit mieux". Ce citoyen, vous ne rêvez pas, c'est vous, muni de votre carte de dictateur, vous vous dirigez solennellement vers l'isoloir, Benoît Duquenne vous attend en moto devant le bureau de vote. L'émotion vous gagne mais l'heure est grave...

une seule voix compte, la vôtre et vous la donnez à

- Vous-même, ben oui vous avez le droit, vous êtes citoyen expert dictateur (32%)

- François Bayrou (5,4%)

- Olivier Besancenot (12,3%)

- José Bové (54%)

- Marie-George Buffet (2,5%)

- Philippe de Villiers (un neuneu%)

-  Arlette Laguiller (8%)

- Jean-Marie Le Pen (0,01%, il se reconnaîtra)

- Frédéric Nihous (c'est qui?)

- Ségolène Royal (11%, honorable)

- Nicolas Sarkozy (O%, sans doute un très fort report sur la première réponse)

- Gérard Schivardi (3%)

- Dominique Voynet (4%)

ah oui, désolé, les rêves c'est pas intéractif !!! (et on n'a pas de calculatrice dans les rêves !!! pas comme dans les instituts de sondage...)

Par hud - Publié dans : bartleby
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Jeudi 5 avril 2007

contrairement aux idées reçues, l'idée d'une alliance gouvernementale entre le ps et le centre n'est pas neuve !

elle a même été appliquée : un peu d'histoire

Premier gouvernement de Michel Rocard, premier ministre de François Mitterrand, sont appelés à la rescousse quelques membres de l'oublié C.D.S.

Le Centre des démocrates sociaux (CDS) est un parti politique français du centre droit, de conviction démocrate-chrétienne, fondé en 1976 par la fusion du Centre démocrate et du Centre Démocratie et Progrès. L'un des membres fondateurs de l'Union pour la démocratie française en 1978, il constitue un groupe parlementaire autonome en 1988 (Union du centre, puis fusionne avec le PSD et devient Force démocrate en 1995, sous l'impulsion de François Bayrou.

Son idéologie est la démocratie chrétienne . En effet elle remonte dans le catholiscisme social d'Albert de Mun. Pour cette famille politique, l'État doit être décentralisé avec l'organisation de d'organes distincts au niveau local ; et être au service des plus démunis par l'action sociale .

Après 1945, la démocratie chrétienne se prononce en faveur de la construction européenne en soutenant la création d'organes supra-nationaux capables de faire face aux problèmes du chômage, du réchauffement climatique, de l'insécurité, du terrorisme ... Ils se prononcent pour une coopération poussée des états européens dans ces domaines par l'intermédiaire d'un mode supra-national plus puissant que les états eux-mêmes, c'est-à-dire pour une Europe fédérale .

Les représentants de cette famille dans les années 1990 ont été François Bayrou, Dominique Baudis, Pierre Méhaignerie, Philippe Douste-Blazy.

source = wikipedia

Rappelons que Michel Rocard était l'invité d'honneur de l'université d'été 2006 de l'UDF, histoire de comémorer les magnifiques réformes nées de la collaboration étroite du "socialisme" et de la démocratie "chrétienne" (oui, oui il s'agit bien d'une religion associée à un mouvement politique, vous avez dit laïcité? oui mais laïcité chrétienne, cela va de soi). Soyons juste, là dessus, François B. s'est un peu calmé (un million de personnes dans les rues pour défendre l'école laïque, c'est sûr ça donne envie de mettre des taloches mais en attendant ça calme).

 

 Bref, bref, l'histoire n'est qu'un éternel - et lassant - recommencement. Avec une faculté d'oubli toujours plus impressionnante, à croire qu'on nous prend pour des poissons rouges, que nous sommes sûrement.

Par bartleby - Publié dans : bartleby
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Vendredi 23 mars 2007

Les jours pluvieux sont propices au questionnement, les heures passées à tenter d'ingurgiter des tomes de connaissance que l'on oubliera sitôt les échéances passées, tout ça pour espérer un jour forcer d'autres congénaires à ingurgiter ces mêmes connaissances auxquelles s'ajouteront les nouveaux acquis pour qu'à leur tour ils les oublient gaiement.

Il y a de quoi s'interroger sur ce que signifie être au monde. Regarder la pluie? Compter les gouttes? Se donner l'illusion d'une quelconque maîtrise sur l'inclinaison de la goutte qui tombe et écorche le pigeon toujours plus regorgeant? J'imagine qu'il y en a que ça doit inspirer : augmenter le smic de 4%, lutter contre la vie chère, se reconvertir en publicitaire auchan, ou bien encore allonger verticalement et horizontalement le temps de travail pour ne plus avoir à regarder les gouttes tomber. Hé oui, je sais bien qu'il faut financer les retraites, et une fois qu'on l'aura fait on pourra combler le trou de la sécu, puis ensuite on pourra augmenter les salaires, c'est à ce moment qu'on réfléchira sur les moyens d'une éducation accessible à tous, là ce sera balot mais on aura déjà concentré toutes les fac en une classe de 5 économistes, 10 commerciaux et un chimiste (pour les maux de tête) mais enfin : on peut pas tout faire en même temps. Et puis là on se dira que c con, tout ce qu'on aura fait sera mis en péril par le simple fait que nos voisins n'en bénéficient pas, et tout repartira à zéro, enfin pas tout à fait, on recommencera, on fera des partenariats, on fera plein de trucs. Et puis tout s'écroulera dans un mois, 5 ou dix ans. Et on recommencera, on se concertera, bla bla. C'est ça ce que ça veut dire "être au monde". Enfin, c ce que ça veut dire pour une certaine catégorie de gens. Parce que pour plein d'autres, c'est s'interroger sur l'injustice constitutive : n'avoir qu'un seul être au monde, survivre, manger et baisser les yeux.

Etre du rien, du pourcentage, de la perte contrôlée. Mais qu'on se rassure, ça c'est pris en compte, les priorités : salaire, emploi, santé, nan pas santé, ça personne n'en parle. Le trou de la sécu se résorbera (comme ça commence à être le cas) quand ceux qui en ont besoin ne se soigneront plus. La caisse des retraites aussi quand nous travaillerons toute notre vie. Les assédics aussi quand ceux qui n'auront jamais la possibilité d'avoir eux un emploi plus d'un jour entreront dans la marginalité. Ca c'est mathématique, ça c'est réaliste.

Nous faire croire que la bonne foi guidera les acteurs économiques auxquels nous laisseront les pouvoirs, que le fait d'instaurer un régionalisme ouvert sur les capitaux et fermé sur les personnes sera un facteur de stabilité économique et mondiale, ça ce n'est ni mathématique ni réaliste.

Ce qui est réaliste, c'est de prendre en compte ce qui fait de nous des êtres humains, des êtres de passion, de mesquinerie, potentiellement géniaux et potentiellement violents, des agrégats d'entrailles qui ont tous été des pervers polymorphes à une certaine époque de leur vie et qui à une certaine échéance se demanderont au seuil d'une mort lointaine ou pas si au final on ne les prend pas un peu pour des cons. Des êtres enclins à l'inaction comme à la pulsion, portés toujours par le rêve d'être un peu plus qu'eux-mêmes. Je suis au monde, ce qui signifie que je suis un peu plus que ce que je suis et j'entends bien qu'on me le concède. Mon ambition d'être humain ne se borne pas à ce qu'on me paie ma retraite, le fait que ce soit une donnée économiquement problématique n'en fait pas une priorité existentielle à mes yeux, pas plus aujourd'hui qu'hier.

Ecouter le peuple ne se réduit pas à avoir des discussions de popottes. Pour ça, il y a un nom, ça s'appelle le mépris. Une once de souffle spirituel n'est pas de trop quand on prend en charge par son être au monde, l'être au monde de ses congénaires. Une réflexion sur son être là. Sa liberté pour La liberté. L'histoire se nourrit d'orgueil et la fortune sourit aux audacieux.

Liberté. Egalité. Démocratie. (en souvenir de l'été 2000, une nuit passée sous l'orage à compter les gouttes et sourire aux éclairs qui baignaient ce soir-là le plateau du Larzac)

Par hud - Publié dans : bartleby
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